AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Messages : 452
Date d'inscription : 11/09/2016
avatar
Effy Rees
MessageSujet: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Mer 19 Avr - 1:06



J'observe le silence mais je ne vois rien - Couloir du 4ème étage
Effy Rees & Absolan Lestrange

Les cauchemars. Moment honni de la nuit qui devenait presque coutumier ces derniers temps. Qui lui faisait à nouveau craindre jusqu'au moment où elle n'aurait pas d'autre choix que de s'endormir. Et qui chaque matin lui faisait se demander "Merlin, qui m'a foutu dans la peau de cet épouvantail ?", en voyant le teint couleur cachet et les cernes. Comme si son inconscient voulait lui faire payer au centuple ce qu'elle essayait déjà d'enterrer au quotidien. Ce qui essayait déjà de hanter ses journées.

Le coupable n'était pas bien difficile à désigner : son père. Toujours. Est-ce que tout allait la ramener à lui, toute sa vie ? Mais était-il seulement le seul vrai coupable ? C'était bien elle qui avait provoqué cette nouvelle rencontre, qui avait désiré se retrouver à nouveau face à l'autre, pour obtenir des réponses à des questions qu'elle n'osait jamais poser à sa mère. Oh, les réponses elles les avaient eu. Il les lui avait crachées même, ces maudites réponses. Et depuis, elles menaient leur danse, virevoltant sans répit dans son pauvre esprit malmené. Et pour une fois, toute son énergie n'était plus concentrée à essayer de s'abrutir de fatigue physique pour ne plus avoir à penser le soir. Non. Elle avait l'impression d'avoir fait un gigantesque pas en arrière. Elle en était à nouveau bornée à essayer de paraître normale (pour peu qu'elle le soit), joyeuse et énergique, tandis qu'une seconde d'inattention suffisait pour que son sourire ne se fane et son sourire ne s'assombrisse. En gros, une simple rencontre avait suffi pour créer une brèche énorme dans tout ce qu'elle avait construi patiemment au fil des années. Tout ce qu'elle espérait c'était que la routine qu'elle s'était imposée depuis si longtemps suffise à lui servir de marchepied pour remonter la pente qu'elle avait commencé à redévaler. Ce qu'elle pouvait faire en attendant, c'était faire attention.
Et continuer de jeter le sort du silence sur son lit.

Parce que du coup, en attendant, il y avait surtout les cauchemars. Les cris, les poings qui s'abattaient sur la table, la peur constante, les pleurs de Nina dans ses bras. Les fils du passé et du présent s'emmêlant de manière aussi inextricable que désastreuse. Mille fois elle revoyait le verre qu'il avait essayé de lui envoyer au visage, exploser contre le mur derrière. Et cette nuit-là ne dérogeait pas à la règle. Longtemps elle s'était agitée dans son sommeil, comme consciente de ce qui allait se produire et tentant d'y échapper. Les mêmes images défilaient dans son esprit, comme un foutu film bien réglé. Et comme à chaque fois, la main haïe lança le verre, les éclats de verre volèrent en tout sens, et semblèrent se figer autour d'eux, tandis que le regard furieux de son père se faisait univers. Avant que ne retentisse la phrase. Si toi tu ne me voulais pas pour père, moi je n'ai jamais demandé à avoir une fille comme TOI !

Dans une grande inspiration, comme si elle venait d'émerger d'une piscine, Effy se redressa, en sueur, la respiration chaotique, le tissu de son pyjama collant désagréablement sa peau. Encore ce foutu rêve. Toujours le même jusqu'à ce qu'elle prenne la peine au moins d'écrire au docteur Scamander, si ce n'était directement un psychomage, lui souffla une petite voix perfide. Mécaniquement, ses genoux remontèrent jusqu'à son visage, et elle y enfouit son visage, ignorant les tremblements. Rien, en dehors de ses gémissements pitoyables, ne venaient perturber le silence de son dortoir. Même si une part d'elle même aurait bien voulu secouer Dracéna jusqu'à ce qu'elle se réveille, elle se retint. De l'air. Il lui fallait de l'air !
Dans ce qui tenait plus du spasme que du geste réfléchi, elle envoya bouler les couvertures, et descendit dans la Salle Commune, munie de sa simple baguette. Cela n'était pas suffisant. Si elle avait été chez elle, à Llanelli, elle se serait jetée dehors comme une furie, courant jusqu'à en perdre haleine, jusqu'à s'abrutir.

Mais elle n'était pas chez elle. Alors elle faisait autrement. Ce qui avait été une errance solitaire était devenue une habitude bien huilée. Le couloir du quatrième étage, "son" repère en journée qu'elle avait empli une fois de ricanements et de fausses notes avec Leslie. La nuit, ce n'était plus vraiment pareil. Juste un refuge, un endroit reculé du château pas vraiment fréquenté. La Rouge et Or s'y blottit comme on se blottirait au coin du feu, ignorant la poussière. Et espérant, sans vraiment l'attendre qu'il se passe quelque chose. Ou que quelqu'un arrive.

Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1200
Date d'inscription : 02/09/2015
avatar
Absolan Lestrange
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Mer 19 Avr - 11:02

  
J'observe le silence mais ne vois rien
les heures préfèrent le silence pour fuir.



2 octobre 2018

Cela faisait un bon moment qu’il fixait le plafond, sans parvenir à dormir. Il ne se souvenait plus si il était parvenu à fermer les yeux, même à somnoler un peu pour récupérer. Les premières notes de l’année étaient tombé le matin même. Des notes catastrophiques. Et dire qu’il préparait ses ASPICS ! Mais il y avait un certain nombre de choses qu’il ne parvenait pas à se sortir de la tête. Un trop grand nombre de choses. Et il ne parvenait même plus à pleurer. Tout restait à l’intérieur, rien ne sortait désormais. Il repensait à la lettre de Shrank lui disant qu’il serait peut-être bon qu’il retourne consulter Miss Cornwell. Il n’était pas de cet avis. La psychomage ne lui servira probablement à rien, et de toute façon il ne parvenait pas à parler de lui-même aux autres. Il ne savait pas comment aller puiser assez loin en lui pour raconter des choses qui le font souffrir rien que d’y penser. Alors mettre des mots là-dessus… Impossible.

Sauf avec certaines personnes. Des personnes qui se comptent sur les doigts d’une main en fait. A une époque, il aurait été prêt à se confier à Jade, bien qu’ils ne partageaient pas toujours le même point de vue, ou à Eileen. Mais la première était partie et la seconde semblait l’éviter comme la peste. Comme si elle avait juste souhaité sortir de sa vie et errer comme tous les autres fantômes autour de lui. Il avait été également profondément blessé par le départ de Ruby, son ex-petite amie. A qui il avait confié tant de choses. C’était une personne comme lui, avec qui il ne partageait pas que de l’affection, mais aussi des choses profondes. Elle n’était plus là. Il en subsistait toujours une, et c’était actuellement ce qui tracassait l’adolescent qui n’avait de cesse de se tourner et de se retourner dans son lit. Il écoutait la respiration profonde de ses camarades de chambre, leur enviant le sommeil profond et réparateur. Son amie était-elle dans la même situation que lui ? Cela faisait tellement longtemps qu’il n’était pas allé dans le couloir du quatrième. Il ne savait pas si elle y viendrait toujours, puisqu’il n’y était pas allé une seule fois depuis la rentrée. Et comme ils ne se croisaient et se parlaient rarement la journée… Ce serait délicat d’avoir ce genre d’informations.

Sur un coup de tête, il décida finalement de rejeter ses couvertures vers le bas de son lit et de se lever. Il enfila sa cape de sorcier par-dessus son pyjama et emporta les objets dont il avait l’habitude. Ces derniers étaient sa baguette qu’il rangea dans la poche intérieure de sa cape et le livre qu’il emportait partout avec lui depuis quelques temps. Peut-être qu’il parviendrait à lui en parler.

Si elle était là.

Usant de toute la discrétion dont il était capable – bien qu’il était un peu rouillé des escapades nocturnes -, Absolan se glissa hors de son dortoir, puis hors de la salle commune. Il rejoignit les couloirs du château, prenant toujours garde à ne pas user de sortilèges pour s’éclairer. Sur le chemin il se rendit compte qu’il connaissait encore le chemin emprunté de nuit par cœur. Quelque part, ça aurait pu le faire sourire. Mais il n’avait pas la tête à ça. Il allait peut-être se prendre un vent, après tout. Et ce serait bien fais. Il avait été un piètre ami depuis septembre, et pas qu’avec elle.

Arrivé au quatrième étage, c’est avec surprise qu’il la découvrit blottie à leur endroit habituel. Ses yeux d’un bleu-gris acier s’accrocha au sien, plus doux et plus triste. Le sien n’était plus que vide, rien de plus, ce qui le rendait plus froid que d’ordinaire. Il l’observa un moment, devinant le mal qui l’habitait, sinon elle ne serait pas là, à probablement l’attendre. Sans être capable de piper un seul mot, il se glissa simplement à côté d’elle, sans pour autant la toucher. Un ami ordinaire l’aurait prise dans ses bras, mais le vert et argent en était tout bonnement incapable pour l’instant.

« J’ai un peu de retard on dirait.. » articula-t-il avec l’ombre d’un sourire, la voix un peu rauque. Il ne parlait plus des masse aux autres. C’était sa façon d’essayer de détendre l’atmosphère. Maladroite, comme d’habitude. 
copyright acidbrain

_________________

Cosmic pieces

© signature by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 452
Date d'inscription : 11/09/2016
avatar
Effy Rees
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Jeu 20 Avr - 0:36



J'observe le silence mais je ne vois rien - Couloir du 4ème étage
Effy Rees & Absolan Lestrange

Elle s'était un peu perdue dans ses pensées, toute occupée qu'elle était à faire refluer la vague de panique qui s'était emparée d'elle. Tous ses muscles étaient noués ; elle en aurait des courbatures le lendemain, sans doute. Mais le pire restait cette impression de vide vertigineux au creux de sa poitrine, une douleur physique qui n'existait pourtant que dans sa tête. Mais au fil de ses respirations profondes, elle avait recouvré un semblant de calme, puisant tout le réconfort qu'elle pouvait dans l'endroit calme et abrité. A défaut de pouvoir en trouver auprès de quelqu'un. Parce qu'elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, assez peu sans doute, mais elle avait beau rester attentive au moindre petit bruit, personne n'arrivait. Comme toujours, Effy, au lieu de s'enfermer avec ses problèmes, ne vivait qu'à travers ses relations avec les autres, comme si elle avait pu se nourrir de chaleur humaine pour aller mieux. Elle ne se confiait pas, mais ça l'avait toujours aider à garder le cap, à se solidifier. Elle avait toujours si atrocement peur de se montrer en position de faiblesse qu'elle avait toujours tu ses maux les plus sombres. Même à Dracéna, ça lui avait pris des mois pour lui en parler, et presque des années pour qu'elle sache tout dans les détails. Elle les réservait à la nuit, ces maux. Sauf qu'elle n'était pas la seule âme en peine à errer dans le château aux heures tardives, pas la seule à chercher refuge et réconfort. Au final, il y avait eu Absolan. Ca leur avait demandé de la patience, de l'apprivoisement mutuel, il y avait eu quelques ratés, mais ils avaient fini par prendre leurs habitudes. Avec lui elle avait réussi à parler, à faire un peu tomber le "masque". Des rencontres qui se limitaient à ces nuits. Une espèce d'accord tacite, comme si ça devait rester suffisant, et secret.

Mais depuis la rentrée, plus rien. En un peu plus d'un mois, la Galloise était déjà sortie dans les couloirs la nuit sept fois. Elle avait compté. Elle était même restée longtemps. Mais toujours seule, le couloir désert. Au début, elle avait essayé de ne rien se dire. Après tout, y avait pas de promesse entre eux. Mais après elle n'avait pas pu s'empêcher de psychoter. Elle avait fait quelque chose de mal ? Ou alors peut-être qu'il ne venait plus parce qu'il n'en ressentait pas le besoin. Comme si, de ce qu'elle voyait de loin en le croisant, pouvait la conforter dans cette idée, tiens. Mais toujours était-il qu'Effy avait du mal à se suffire à elle-même, surtout dans une telle situation, et que ça lui manquait. Surtout que les monologues, ça n'avait rien de discret.

Dans l'ombre du couloir, Effy s'agita un peu. Ca ne faisait pas très longtemps qu'elle était là, mais suffisamment pour que le froid ne la dérange. Elle regretta un peu de ne pas avoir pris autre chose pour se réchauffer, mais le mal étant fait... Soudain, une silhouette mouvante à quelques mètres de là la tira de ses pensées définitivement. Elle se redressa à moitié, prête à détaler si c'était un préfèt trop zélé, ou pire un prof... Mais finit par se détendre aussitôt après. Absolan, enfin. Lui non plus n'avait pas l'air bien. Et l'obscurité l'empêchait de sonder son regard, sinon elle aurait sans doute pu lui déceler ce je ne sais quoi de changé. Elle lui adressa un maigre sourire, ne sachant pas trop comment l'accueillir. Sa tentative de plaisanter tomba un peu à plat. Surtout parce qu'Effy ne sut pas comment y répondre. En fait si, mais elle n'arrivait pas à trancher. Elle voulut plaisanter aussi, histoire de lui rappeler qu'il parlait à la spécialiste ès retards. Mais finit par dire, d'un ton indécis : -Il t'en aura fallu, du temps. Elle même ne sachant pas vraiment si ça devait sonner comme un reproche ou comme le signe qu'elle était contente de le revoir. -Mais tu es là. C'est bien. Voilà qui était mieux. Dans un profond soupir elle cala son menton contre ses genoux. -Elle est bien merdique cette rentrée, pas vrai ? Ca sonnait banal, mais c'était loinde l'être. Tout dépendait ce qu'on entendait par "merdique". Et cette phrase était lancée en l'air, autant parce que ça laissait une ouverture pour le Vert et Argent s'il voulait se confier en premier, que parce qu'elle-même, même avec le coeur au bord des lèvres, n'était pas plus douée pour mettre des mots sur tout ça. J'ai revu mon père, ça s'est très mal passé. Sur le papier, c'était pourtant pas compliqué...

Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1200
Date d'inscription : 02/09/2015
avatar
Absolan Lestrange
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Jeu 20 Avr - 11:35

  
J'observe le silence mais ne vois rien
les heures préfèrent le silence pour fuir.



2 octobre 2018

Une petite vitre opaque dans son dos provoquait un contre-jour, ce qui lui permettait d’apercevoir le visage de la jeune femme. Visage qu’il trouva particulièrement pâle, sûrement à cause du faible reflet de la lune, mais aussi accentué par le manque de sommeil évident. Sinon elle ne serait pas là, il le savait désormais. Il s’aperçu qu’ils ne s’étaient jamais retrouvés ici par plaisir de se voir ou de discuter avec l’autre. Ils avaient toujours été dans cet étrange pacte secret où ils ne faisaient que parler d’eux, de leurs maux, de ce qui leur pesait lourdement sur le cœur. Parce que au fond d’eux, ils avaient un réel besoin d’en parler. Sachant qu’Absolan ne l’avait jamais fais avant de rencontrer Effy. D’un sens, n’était-ce pas là une belle preuve d’amitié ?
 
Assis à côté de Effy, il détourna un peu son regard d’elle. Visiblement, son espèce de tentative pour détendre l’atmosphère était juste tombée à plat. Tant pis, il aurait essayé. Il s’en moquait pas mal. Il savait pourquoi il était là. « Il t’en aura fallu du temps. » Touché. Il ne savait pas si il devait prendre ça comme un reproche. Il fallait dire que ça sonnait bien. Pinçant les lèvres, il prit sur lui quelques secondes. Oui, c’était de sa faute. Peut-être qu’en son absence, elle avait pété un câble.
 
Sale petit égoïste.
 
« Mais tu es là. C’est bien. » Après autant de temps, c’était déjà une bonne chose, en effet. Il eut un petit sourire. Il avait toujours apprécié le fort caractère de sa camarade. A de nombreuses reprises, il l’avait vue en cours ne pas se laisser faire par un élève, de sa maison ou pas, qu’il l’importunait. C’était une fille qui avait du caractère, et Absolan appréciait ce genre de fille. Comme Eileen, comme Ruby, comme Elle.
 
« Elle est bien merdique cette rentrée, pas vrai ? » Le vert et argent haussa un sourcil. Repliant un peu ses genoux contre son torse à son tour, il posa ses coudes contre ces derniers, le regard perdu dans le vide. « C’est peu de le dire… » souffla-t-il à son tour. Il repensa à la fin de sa cinquième année. Tout allait relativement bien, hormis les épisodes tyrannique habituels de Yulrick, l’épisode de la Saint Valentin et la mort de Lexie qui avait bouleversé toute l’école. A la rigueur il n’avait pas été le seul dans toute cette galère, alors ça avait été plus supportable. Puis il pensa à ses vacances d’été, et le gouffre qui habitait son buste se contracta, lui laissant peu de marge pour respirer. Enfin vint la rentrée, qui avait été le cadet de tous ses soucis durant la période estivale. Et là il appris l’hospitalisation de China. Comme quoi elle ne serait pas là de l’année. Nouveau coup dans le ventre. Il s’était promis d’aller lui rendre visite, mais ne savait même pas où se rendre ni comment. Si cela impliquait de passer par des coins Moldus, il s’en moquait bien. Cela ne lui faisait plus peur. Quelque part, il se sentait davantage à sa place chez eux. Il était parvenu à trouver un équilibre là-bas, qu’il ne trouverait jamais ici. Au moins chez eux, personne ne le connaissait, personne ne pouvait le reconnaître et le juger avant de le connaître. Il s’y était sentis complet jusqu’à ce qu’on arrache les racines qu’il avait soigneusement plantées là-bas. Jusqu’à ce qu’on lui arrache une partie de sa liberté.

Sans s’en être rendu compte, l’adolescent s’était mis à serrer les poings. Mais visiblement cela ne semblait pas s’être fais remarquer. Alors il se redressa un peu, se repositionna et orienta son visage vers Effy. « Été difficile ? » Une boule lui serrait la gorge. 

copyright acidbrain

_________________

Cosmic pieces

© signature by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 452
Date d'inscription : 11/09/2016
avatar
Effy Rees
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Mer 26 Avr - 18:21



J'observe le silence mais je ne vois rien - Couloir du 4ème étage
Effy Rees & Absolan Lestrange

A la lumière des pâles rayons lunaires, elle put enfin s'apercevoir des quelques petits changements que l'été avait opéré sur son ami. Peu visibles, en fait, si ce n'était une froide réserve encore plus marquée qu'à l'ordinaire dans son regard. Effy abandonna là son observation, menée du coin de l'oeil. Là où elle-même était un vrai livre ouvert pour qui faisait attention cinq minutes à ses habitudes, lui n'avait jamais été le plus expressif des deux, de tous les points de vue. C'était vrai que leur amitié n'avait rien de "normale", en un sens. Un exutoire, une amitié de nécessité. Mais ce qu'elle pouvait en avoir besoin surtout en cet instant ! Un jour quand même, il faudrait parler d'autre chose que les crasses qui entâchaient leur passé respectif. Ca serait bien, ça voudrait dire qu'ils étaient en train de s'en sortir pour de bon, non ?
Et ce qu'elle pouvait être fatiguée, aussi... Moralement et physiquement. Quel sentiment haïssable pour quelqu'un qui ne restait jamais immobile plus de trente secondes. Parce que péter un câble, oui, elle l'avait fait. Sauf que le démon du passé, cette fois, n'avait pas attendu la nuit pour venir la hanter. La jeune lionne réprima un frisson désespéré à cette pensée.

Le silence s'éternisait un peu, après qu'elle se fut tue, au point qu'Effy lança un nouveau un regard en biais à son ami, inquiète de le trouver trop fermé pour parler. Mais finalement, il n'en fut rien. Peut-être qu'elle et sa délicatesse légendaire l'avaient un peu vexé en ne rebondissant pas sur sa tentative de détendre l'atmosphère. Tant pis, pas l'énergie au final. Au final, le mince sourire d'Absolan, lorsqu'elle l'eût conforté dans l'idée que venir ici était bien, elle se détendit un peu, et s'accola à nouveau contre le mur. Elle avait froid l'instant d'avant, mais là elle ne ressentait plus que la fraîcheur bienfaitrice.

"C'est peu de le dire" Lui avait-il répondu. Effy arqua un sourire inquisiteur, et se pencha encore vers lui, à la fois curieuse et inquiète de savoir ce qui le poussait à acquiescer sans la moindre hésitation. Elle le scruta un instant, alors qu'il semblait se perdre dans des pensées sombres et douloureuses. La lucarne qui n'éclairait l'endroit que d'une lumière crue et faiblarde suffisait pourtant à lui faire voir sa crispation soudaine. Puis il se retourna vers elle. Peut-être qu'il repoussait encore le moment de se confier. Compréhensible. "Eté difficile ?"

Ce fut à son tour de se crisper. Oh oui, été difficile. Comme à chaque fois qu'elle y repensait, elle sentit la boule d'angoisse serrer son ventre. Angoisse et regret. Parce  qu'au final, c'était elle qui avait essayé de revoir son père, même mortifiée, même à contre-coeur, dans l'espoir de chasser à jamais l'ombre qui pesait sur elle. Sauf que l'ombre s'était faite démon, démon cruel et persistant. Et elle regrettait, oh ! Comme elle regrettait ! Elle avait passé la fin de l'été entre des périodes d'angoisse et de colère, d'agitation fébrile, et d'autres ou elle restait même amorphe dans sa chambre. Sa mère l'avait même presque menacée d'alerter les psychomages ou au moins le docteur Scamander. "C'est à cause des BUSEs, Maman. Et je sais pas vers quoi m'orienter. Et hop, deux cessions chez une conseillère d'orientation plus tard, c'était passé comme une lettre à la poste. Elle s'était persuadée que le temps arrangerait tout, comme pour la dernière fois, et qu'elle était plus forte que ça. Si seulement !

Effy secoua doucement la tête, se rendant compte qu'elle était restée inhabituellement silencieuse, au moins aussi longtemps qu'Absolan. Doucement, elle reprit la parole. -Bah... Ouais. Et c'est carrément de ma faute. Lors d'une promenade, toute bête, je suis retombée sur... mon père. Avec une femme. A 20 putains de kilomètres de chez moi. Et il était bien ! Il agissait comme si de rien n'était, en toute impunité, avec cette femme qui s'accrochait à son bras comme s'il était le plus délicieux des hommes ! le ton était un peu monté. Rien qu'à cette évocation, Effy ressentait denouveau l'incrédulité et la colère qui l'avaient habitée à ce moment là. -Alors j'ai été stupide. J'ai voulu des réponses : pourquoi il avait été si violent et tyrannique avec nous. J'me suis même dit à un moment que peut-être que mon imagination d'enfant avait tout exagéré, que c'était pas possible d'haïr sa famille comme ça. Alors j'ai pris contact. J'ai envoyé une lettre. Anonyme. Une lettre anonyme, Merlin, c'est ridicule ! Heureusement que j'ai su jouer sur son putain d'ego, sinon ça n'aurait jamais marché. A travers ses paroles encore, transpiraient toute sa haine, sa rancoeur envers elle-même et son père. Elle en était même essouflée et attendit un peu avant de reprendre. -Donc je j'ai revu. Très récemment. Et ça a été pire que tout. Il a essayé de se contrôler, pour faire croire qu'il était au-dessus de tout ça, mais ça a fini par éclater. J'crois qu'il a été encore plus violent dans ses paroles que dans mon souvenir. Bref. Et depuis tout se mélange, l'enfance, cette rencontre, c'est l'enfer. Acheva -t- elle sombrement, incapable d'en dire plus. -Et toi ?
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 1200
Date d'inscription : 02/09/2015
avatar
Absolan Lestrange
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Lun 1 Mai - 15:52

  
J'observe le silence mais ne vois rien
les heures préfèrent le silence pour fuir.



2 octobre 2018

Absolan remarqua le sourcil arqué de son amie, mais décida de ne pas en tenir compte. En tout cas, pas d’en tenir compte comme si il s’agissait d’une invitation à se confier sur sa vie. Il n’en avait pas envie. Pas aujourd’hui. Pourtant il savait que cela faisait partie du deal, entre eux. C’était un échange, et Absolan voulait seulement être spectateur aujourd’hui. Il voulait assister égoïstement au récit de sa camarade, en se disant qu’il n’était pas le seul à ramer dans les sables mouvants. Alors oui, il repoussait l’échéance, le moment où il devra se confier. Le plus possible, lutter contre les mots qu’il allait devoir chercher et trouver. Mettre juste des mots sur ce qu’il ressentait, sur cette bombe sans retardement qui menaçait toujours d’exploser dans sa cage thoracique. N’imaginant pas que la tension qui l’habitait était visible, il essaya tout de même de se raisonner. Inspirer et expirer, lui avait dis Miss Metchigan. Alors il inspira longuement, et expira longuement, de léger tressautement dans son souffle témoignant de sa nervosité. Lutter contre tout ce qui grouillait en lui était si difficile que l’une de ses jambes se mit à trembloter frénétiquement, comme un tic que beaucoup d’autres personnes ont et qui pouvait parfois se montrer agaçant pour les autres. C’était une façon comme une autre d’évacuer le stress, apparemment.  

Et quand il la vit se crisper, cela attira son attention. Son pressentiment était sur le point de s’avérer juste. Effy n’était définitivement pas comme d’habitude. Souvent, se confier des choses difficiles ne les rendait pas si nerveux, tous les deux. Cette fois-ci, quelque chose s’était réellement passé, et Absolan s’attendait à tout. Son esprit marchant à toute allure, il s’était concentré sur la jeune fille à ses côtés, observant naturellement les traits de son visage. Il y devinait la perplexité de la souffrance, de la retenue et du besoin, aussi. Il se reconnaissait sur ce visage pourtant tellement plus expressif que le sien. Il reconnaissait le dilemme intérieur, le flash-back de souvenirs douloureux. Puis la résignation juste avant de parler. « Bah... Ouais. Et c'est carrément de ma faute. Lors d'une promenade, toute bête, je suis retombée sur... mon père. Avec une femme. A vingt putains de kilomètres de chez moi. Et il était bien ! Il agissait comme si de rien n'était, en toute impunité, avec cette femme qui s'accrochait à son bras comme s'il était le plus délicieux des hommes ! » Il entendit le ton monter, il sentit les nerfs s’échauffer. Il comprenait. Du moins, il comprenait l’émotion et compatissait pour la situation. Mais ce n’était pas terminé. « Alors j'ai été stupide. J'ai voulu des réponses : pourquoi il avait été si violent et tyrannique avec nous. J'me suis même dit à un moment que peut-être que mon imagination d'enfant avait tout exagéré, que c’était pas possible d'haïr sa famille comme ça. Alors j'ai pris contact. J'ai envoyé une lettre. Anonyme. Une lettre anonyme, Merlin, c'est ridicule ! Heureusement que j'ai su jouer sur son putain d'ego, sinon ça n'aurait jamais marché. » A l’évocation de la lettre anonyme, Absolan haussa les épaules, en quelque sorte pour dédramatiser la situation. Effy avait l’air d’en vouloir à son père – non sans blague -, mais également à elle-même, ce qu’il trouvait encore plus grave – sûrement parce qu’il se reconnaissait encore une fois dans cette attitude. Dans son regard il vit les fantômes de ses souvenirs, de la haine mêlée à une tristesse sans nom.

« Donc je l'ai revu, reprit-elle rapidement. Très récemment. Et ça a été pire que tout. Il a essayé de se contrôler, pour faire croire qu'il était au-dessus de tout ça, mais ça a fini par éclater. J'crois qu'il a été encore plus violent dans ses paroles que dans mon souvenir. Bref. Et depuis tout se mélange, l'enfance, cette rencontre, c'est l'enfer. » Il avait écouté jusqu’au bout, sans dire un mot. Il s’imaginait la frustration de sa camarade, mêlée au fait que finalement elle n’avait pas perçu d’amélioration dans sa situation. Après quelques instants de silence, le vert et argent décida de prendre la parole. « Je trouve que tu as été très courageuse de le revoir. Tu avais certainement ce besoin d’avoir des réponses, c’est normal. Mais de là à sauter le pas et à envoyer une lettre – même en anonyme – c’est quelque chose. » Il la laissa un peu avec ces quelques mots, refusant qu’elle se dénigre ainsi. Il la connaissait assez désormais pour reconnaître ses qualités et ne pas la laisser les dénigrer. Ce fut avant qu’elle ne lui demande ce qu’il en était pour lui. Absolan poussa un profond soupir.

La voilà, l’échéance.

« J’ai... hum… enfin on m’a... Bref. Je suppose que tu as lu le journal, cet été. » Il lui adressa un regard froid, sec, douloureux, intransigeant. Une vraie carapace en titane. « Donc tu sais que ma mère a été renvoyée à Azkaban après qu’elle ait faillis… » Me tuer, termina-t-il dans son esprit. Tout ça paraissait encore tellement irréel. Il ferma les yeux un instant, essayant de demeurer concentré sur son récit, de ne pas s’éparpiller dans ses pensées et de s’enfermer de nouveau dans son mutisme. « Du coup, ils m’ont placé en famille d’accueil. Normal, non ? » La fin de sa phrase était teinté de reproche. Comme si on pouvait lui servir une famille sur un plateau comme ça, en claquant des doigts. Mettant encore sous silence tout le reste de l’été, le jeune Lestrange serrait la mâchoire, observant Effy dans les yeux comme si une réponse s’y cachait. Il avait besoin de temps avant de se lancer dans trop de détails.

copyright acidbrain

_________________

Cosmic pieces

© signature by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 452
Date d'inscription : 11/09/2016
avatar
Effy Rees
MessageSujet: Re: J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange   Ven 5 Mai - 16:55



J'observe le silence mais je ne vois rien - Couloir du 4ème étage
Effy Rees & Absolan Lestrange

Effy avait gardé la tête un peu baissée, le souffle précipité après sa longue tirade qui lui avait fait revivre le pire été de sa vie. Il lui fallut un petit moment pour se redresser et pour s'astreindre au calme alors que son discours avait fait renaître la panique au creux de son ventre. Au fond, ça lui avait fait du bien de se confier, surtout à Absolan. Elle s'en voulait tellement, d'avoir peut-être gâché la chance de se reconstruire que la vie lui avait laissée, qu'elle avait besoin d'entendre dire qu'elle ne s'était pas trompée, qu'elle n'avait pas agi stupidement. Qu'elle avait eu raison ? Pendant tout son récit, elle avait gardé son regard dardé sur le visage d'Absolan (ou de ce qu'elle pouvait en voir dans la pénombre), tâchant de deviner ce qu'il pouvait bien penser de tout ça.

 « Je trouve que tu as été très courageuse de le revoir. Tu avais certainement ce besoin d’avoir des réponses, c’est normal. Mais de là à sauter le pas et à envoyer une lettre – même en anonyme – c’est quelque chose. » A ces mots, Effy hocha la tête, un peu sceptique. Très courageuse ? Certes, elle lui avait fait face, attendant qu'il ne soit plus dans son champs de vision pour s'effondrer. Mais était-ce une preuve de courage ? Ou encore une marque de son increvable impulsivité ? -J'sais pas. Un temps j'ai eu peur qu'il refasse surface, qu'il s'en prenne à Nina ou ma mère... Mais j'crois que sa lâcheté aura été plus forte que son désir de nous faire payer... je sais pas vraiment quoi. Le simple fait d'exister, lui avait-il dit, ce jour-là. Mais le dire ça rendrait la chose... tellement vraie ! Effy se tourna à nouveau vers lui, lui adressant un sourire où se partageaient la tristesse et la reconnaissance. Au final, ses mots avaient encore réussi à l'apaiser et la rassurer, au moins un peu.

Sourire qui glissa lentement dans son visage, lorsque ce fut à son tour de prendre la parole. "Je suppose que tu as lu le journal. Elle hocha doucement la tête, se sentant soudain horrible. Elle avait lu cette histoire, cet été. Ca l'avait glacée, horrifiée. Elle s'était demandé quoi faire, n'osant même pas envoyer de lettre tellement elle avait peur d'être maladroite, d'enfoncer le clou au lieu de l'aider. Puis ses propres affaires avec son père avaient pris le dessus, et égoïstement elle avait un peu laissé passer le temps, ressentant juste une pointe d'angoisse lorsqu'elle venait à y repenser. Au final, elle n'avait pas été plus présente que lui, et se sentait bien pitoyable sur le coup.  « Du coup, ils m’ont placé en famille d’accueil. Normal, non ? »

Effy serra les dents. La famille d'accueil, ça avait été sa plus grande peur, pendant un temps aussi. Quand son père était parti, que sa mère se battait pour remonter la pente, gérer un divorce horrible, élever deux petites filles et trouver l'argent nécessaire pour vivre... De psychomage en psychomage, la possibilité avait été évoquée plusieurs fois, on avait craint que Meredith ne soit pas assez forte pour continuer ainsi. Et Effy avait été terrifiée à l'idée de perdre sa mère, d'être séparée de Nina... Alors elle, comprenait, et à quel point. Doucement, comme si elle essayait d'apprivoiser un animal blessé, elle posa une main sur son épaule, pour la serrer amicalement. -Normal pour eux, sans doute. Mais c'est pas comme si ça pouvait tout réparer. Répondit-elle, sûrement en écho aux pensées qu'il devait avoir. D'un coup c'était lui qu'elle trouvait plus courageux, d'assumer tout ça, de vivre avec un tel drame, même si ça devait être horrible. Sa main ne lâcha pas son épaule, son moyen à elle de lui dire qu'elle le soutenait et qu'elle le comprenait : une tête brûlée comme elle n'était parfois pas assez douée avec les mots. -Et... comment ils sont avec toi ? Est-ce que ça t'aide un peu ? S'enquit-elle, inquiète.

Code by Joy
[/color]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
J'observe le silence mais je ne vois rien - ft. Absolan Lestrange
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» je peux pas plaire a tout le monde, mais quand je vois a qui je ne plaid pas, ça ne me dérange pas ! - KALISTA
» Grand ou petit, un guerrier reste un guerrier!
» (H) AU CHOIX ⊱ elle est ton tout, mais elle n'est rien. elle est l'ange de tes nuits, le démon de ta vie.
» Je me suis inscrit, mais je ne comprends rien.
» i can fell your heart beating ✩ maxwell

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Impedimenta :: Poudlard :: Quatrième Etage :: Couloirs-